Les fournisseurs de suppléments font des allégations de traitement du cancer non fondées

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Les médicaments et les suppléments peuvent se ressembler mais sont soumis à des règles et réglementations très différentes.

La peur est un puissant facteur de motivation. Et peu d'événements peuvent être aussi effrayants qu'un diagnostic de cancer. Il ne devrait pas être surprenant que les sans scrupules essaient de profiter de votre peur pour vous vendre quelque chose.

Bien que les spécificités varient selon les pays, les compléments alimentaires ont tendance à être soumis à des réglementations plus faibles que celles applicables aux médicaments sur ordonnance et en vente libre. Cela inclut les allégations qui peuvent être faites au sujet d'un produit. Bien que les médicaments soient soumis à des exigences de commercialisation très spécifiques, il peut y avoir plus de latitude accordée aux fabricants de compléments alimentaires. Même là où des réglementations et des exigences existent pour ces produits, elles peuvent ne pas être systématiquement appliquées. Aux États-Unis, les fournisseurs de suppléments peuvent faire des allégations de «structure / fonction» (par exemple, «Aide à maintenir une fonction articulaire appropriée») mais ne peuvent pas faire de déclarations spécifiques (par exemple, «Soulage les douleurs articulaires»). Cependant, les lecteurs réguliers de ce blog peuvent se souvenir de nombreux produits promus avec des allégations qui ne sont basées sur aucune preuve crédible ou qui seraient considérés comme satisfaisant aux exigences réglementaires.

Le Canada a une approche similaire, mais pas identique. Notamment, les médicaments sur ordonnance ne peuvent pas être annoncés au public au Canada, mais les «produits de santé naturels» peuvent l'être. Santé Canada (l'équivalent canadien de la Food and Drug Administration) interdit les allégations de traitement pour les produits de santé naturels pour des affections comme le cancer, mais permet préventif réclamations, mais si ces allégations sont approuvées par Santé Canada. Il s'agit d'une fenêtre étroite qui, si elle est appliquée selon des normes scientifiques, pourrait équilibrer le désir de fournir des informations sur les produits tout en s'assurant que les déclarations sont étayées par des preuves.

Récemment, le groupe canadien de défense des sciences Bad Science Watch a entrepris un examen de la commercialisation en ligne des produits de santé naturels canadiens. Plus précisément, ils ont examiné les déclarations faites au sujet du cancer, et si ces allégations étaient appropriées et autorisées par Santé Canada. Les résultats ne vous surprendront pas.

L'approche

Le but général de cette enquête était d'élaborer et d'évaluer une méthodologie permettant d'évaluer si les détaillants canadiens en ligne de produits de santé naturels commercialisaient leurs produits conformément à l'autorisation fournie par Santé Canada. La condition spécifique examinée était le cancer. Le contenu des détaillants canadiens a été recueilli en fonction du mot-clé «cancer» (et de termes connexes, comme tumeur ou métastase) et chaque énoncé a été examiné pour en vérifier l'exactitude. Des réclamations directes et indirectes ont été identifiées:

Direct: par exemple, «Il est également important dans la prévention et le traitement du cancer du sein et du côlon.»

Indirect: par exemple, «» Les extraits de racine de sang ont également été promus par certaines sociétés de suppléments comme traitement ou remède contre le cancer. »

Les sites Web eux-mêmes ont été identifiés à partir d'un échantillon de commodité du répertoire des détaillants de l'Association canadienne des aliments de santé.

Vingt-trois bénévoles formés ont évalué les demandes pour chaque page identifiée. Au total, 31 686 pages Web ont été identifiées et, finalement, 2 324 ont été examinées. (La méthodologie complète est ici.) Au final, 558 pages Web uniques ont été identifiées, et c'est ce qui a été trouvé:

  • 20% (113) des pages Web ont fait une demande directe de traitement ou de guérison
  • 30% (166) ont fait une demande indirecte de traitement ou de guérison
  • Seulement 3 des 558 pages contenaient des allégations approuvées par Santé Canada.

Il existe une infographie de tous les résultats.

Qu'est-ce que cela signifie

Ce n'est pas le premier message à vous rappeler d'être sceptique quant à ce que vous lisez sur Internet. Les consommateurs confrontés à des conditions effrayantes comme le cancer peuvent être tentés d'essayer ces produits, malgré le manque de preuves pour étayer ces allégations. Comme je l'ai déjà écrit, les compléments alimentaires semblent être, au mieux, neutres en ce qui concerne la survie au cancer, et rien n'indique qu'ils offrent des avantages ou des bénéfices à ceux qui les prennent. Nous savons également que les patients cancéreux qui optent pour la médecine alternative ont des taux de décès par cancer plus élevés que ceux qui utilisent des thérapies conventionnelles. C’est pour ces raisons que les consommateurs méritent une réglementation solide, et une application de ces réglementations, pour empêcher ces formes de marketing opportuniste.